samedi 17 mars 2012

Retour aux sources - Qimen Mao Feng


Il est un monde à mi chemin entre passé et présent, une sensation indicible, lorsque l'on retourne dans un lieu chargé de souvenirs et que l'on perçoit les choses avec un regard différent et externe par rapport aux ressentis passés. Assis dans un salon de thé bien connu, je me prends à savourer cet instant où je pénètre de l'autre côté du miroir ; de serveur, je passe à servi. Je commande un Qimen Mao Feng (province de Anhui) sans prétention, le thé que l'on conseille aux débutants : la base. Revenir aux bases, c'est l'âme même de l'apprentissage.


Les thés de Qimen sont plus connus sous le nom Keemun, nom chinois anglicisé, comme c'est souvent le cas. Si, il y a une centaine d'années, le manque de communication d'un bout à l'autre de la planète pouvait justifier, ou tout au moins excuser de telles pratiques, la circulation d'informations et la mondialisation des cultures à notre époque doit veiller à corriger ce genre de bidouillage. « Qimen » et non « Keemun », halte aux massacres des noms. Que penserait les producteurs de vin du sud ouest de la France si leur vin de Bordeaux était étiqueté « Bow Doo » en Angleterre ou en Chine ?
Cela vaut aussi pour les origines avec des noms de pays qui n'existent plus (Ceylan à la place de Sri Lanka ou Formose au lieu de Taiwan pour les plus communs).
On m'apporte donc mon Qimen Mao Feng en grande infusion, dosage 3g pour 40cl, infusé à 90°C pendant 4 minutes.
 

L'attaque est sobre dans des notes boisées et chocolatées. Le goût est plutôt suave, avec un petit côté crémeux et acidulé. Une petite astringence au final, très légère, et une longueur en bouche notable sans être extraordinaire, rappellant celle du lait de soja.
On ne peut pas qualifier ce thé de grand cru, de thé d'exception, ou de petit trésor. Il n'a pas de caractéristiques extraordinaires, pas exubérances folles ou d'indentité particulière. C'est un petit thé, de consommation courante, bon, agréable et sympathique. Pourtant, il provoque la nostalgie des débuts pour les personnes amatrices de thé qui le connaissent car ils ont pour la plupart abordé le thé par cette face-là. Ce Qimen Mao Feng là (il en existe de toutes sortes et de toutes qualités) est un genre de photo sépia d'une époque lointaine, que l'on regarde en souriant lorsque le jour décline.





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